Lumières de Pointe-Noire

Alain Mabanckou

Language: French

Publisher: Seuil

Published: Jan 2, 2013

Catégorie de lecture: Ebook
On Kobo:
Nb de pages: 203
Recommendation de lecture: à lire à l'occasion
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Description:

Lumières de Pointe-Noire

Alain Mabanckou

Récit

On aime beaucoup

 

Au centre du livre, il y a la mère. Silhouette gracile au regard triste, elle baigne tout le texte, revenant encore et encore, par vagues mélancoliques et tendres. Souvenirs fantômes de celle que l'auteur n'a vue ni vieillir, ni mourir, la présence de cette femme, Pauline Kengué, « modeste paysanne originaire de Louboulou », hante ce récit d'un retour au pays après vingt-trois ans d'absence. Invité par l'Institut français de Pointe-Noire, au Congo, où il est né, Alain Mabanckou rend visite à une armée de parents, cousins, oncles et tantes, et se réinscrit dans le paysage de son enfance, la cabane où il vivait avec « maman Pauline », un cinéma devenu église pentecôtiste, ou son ancien lycée. Le pas suspendu, de plain-pied et à distance tout à la fois, « arrêté au bord du ruisseau des origines », comme si le temps, un moment, pouvait cesser de couler. Le récit, d'où surgit, dans cette tension, une intense émotion, vient ainsi en miroir de son précédent roman, Demain j'aurai vingt ans, et fait écho au très beau livre de son ami Dany Laferrière, L'Enigme du retour. Le regard scrute l'espace et le temps de manière cinématographique — chaque chapitre renvoie à un titre de film, passe avec le même brio de la couleur au sépia, du plus léger au plus grave. Au bout du voyage, le constat est lucide : ce pays qui vit en lui n'est plus le sien, mais l'auteur demeure fidèle, ce texte en témoigne, au dernier souhait de sa mère, ce jour de 1989 où ils savaient tous deux qu'ils se voyaient pour la dernière fois : « l'eau chaude n'oublie jamais qu'elle a été froide ».

Le 05/01/2013 - Mise à  jour le 18/09/2013 à  18h05
Michel Abescat - Telerama n° 3286

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J’ai longtemps laissé croire que ma mère était encore en vie. Je m’évertue désormais à rétablir la vérité dans l’espoir de me départir de ce mensonge qui ne m’aura permis jusqu’alors que d’atermoyer le deuil. Après vingt-trois ans d’absence, Alain Mabanckou retourne à Pointe-Noire, ville portuaire du Congo. Entre-temps, sa mère est morte, en 1995. Puis son père adoptif, peu d’années après. Le fils unique ne s’est rendu aux obsèques ni de l’un, ni de l’autre. Entre le surnaturel et l’enchantement, l’auteur nous ouvre sa petite valise fondamentale, celle des années de l’enfance et de l’adolescence dans ses lieux d’origine. Au moment de repartir, il se rend compte qu’il n’est pas allé au cimetière. Sans doute était-ce inutile. Car c’est ce livre qui tient lieu, aussi, de tombeau. Et de résurrection.