De l'état amoureux, vu du versant
masculin, l'écrivain Philippe Vilain a fait le matériau de la belle
oeuvre littéraire qu'il construit patiemment depuis L'Etreinte
(1997). Passé subrepticement de l'autofiction revendiquée à une démarche
s'affichant désormais romanesque — sans que varient son sujet, non plus
que son écriture, précise et limpide, et le regard insoucieux de toute
consolation, parfaitement amoral, qu'il porte sur les relations
sentimentales. Le rapport amoureux est un rapport de force, n'en
déplaise aux tenants de l'amour romantique, et c'est cela qu'ausculte
sous toutes ses coutures et sans ciller Philippe Vilain : la dépendance
et ses tourments, la domination et la servitude, l'illusoire quiétude du
cœur, l'emprise inéluctable de la lassitude, voire du mépris... — bref,
les « horreurs de l'amour », naguère dûment dépeintes par Jean Dutourd.
De La Femme infidèle, qui donne son titre à ce nouveau roman,
on ne saura au fond que peu de chose — un prénom, Morgan, une silhouette
gracieuse — puisque ce n'est pas sur elle que se penche Philippe
Vilain. Concentrant son attention sur Pierre, le narrateur, le mari
trompé, stupéfait, médusé, plongé dans un état de sidération initial
auquel succèdent des saisons entières de délibérations intérieures. Sur
l'amour, le couple en général, le sien en particulier, inexorablement
miné par le sentiment d'humiliation, l'incompréhension, le dépit, la
jalousie, l'impossible oubli, sapé tout autant par l'acceptation
progressive de la trahison. Un parcours du combattant dont Pierre
sortira non pas indemne, non pas grandi, mais, plus simplement et
profondément, changé.
Le 09/02/2013 - Mise à jour le 18/09/2013 à 18h07 Nathalie Crom - Telerama n° 3291
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trompé, stupéfait, médusé, plongé dans un état de sidération initial
auquel succèdent des saisons entières de délibérations intérieures. Sur
l'amour, le couple en général, le sien en particulier, inexorablement
miné par le sentiment d'humiliation, l'incompréhension, le dépit, la
jalousie, l'impossible oubli, sapé tout autant par l'acceptation
progressive de la trahison. Un parcours du combattant dont Pierre
sortira non pas indemne, non pas grandi, mais, plus simplement et
profondément, changé.
Le 09/02/2013 - Mise à jour le 18/09/2013 à 18h07 Nathalie Crom - Telerama n° 3291
Description:
Roman
De l'état amoureux, vu du versant masculin, l'écrivain Philippe Vilain a fait le matériau de la belle oeuvre littéraire qu'il construit patiemment depuis L'Etreinte (1997). Passé subrepticement de l'autofiction revendiquée à une démarche s'affichant désormais romanesque — sans que varient son sujet, non plus que son écriture, précise et limpide, et le regard insoucieux de toute consolation, parfaitement amoral, qu'il porte sur les relations sentimentales. Le rapport amoureux est un rapport de force, n'en déplaise aux tenants de l'amour romantique, et c'est cela qu'ausculte sous toutes ses coutures et sans ciller Philippe Vilain : la dépendance et ses tourments, la domination et la servitude, l'illusoire quiétude du cœur, l'emprise inéluctable de la lassitude, voire du mépris... — bref, les « horreurs de l'amour », naguère dûment dépeintes par Jean Dutourd.
De La Femme infidèle, qui donne son titre à ce nouveau roman, on ne saura au fond que peu de chose — un prénom, Morgan, une silhouette gracieuse — puisque ce n'est pas sur elle que se penche Philippe Vilain. Concentrant son attention sur Pierre, le narrateur, le mari trompé, stupéfait, médusé, plongé dans un état de sidération initial auquel succèdent des saisons entières de délibérations intérieures. Sur l'amour, le couple en général, le sien en particulier, inexorablement miné par le sentiment d'humiliation, l'incompréhension, le dépit, la jalousie, l'impossible oubli, sapé tout autant par l'acceptation progressive de la trahison. Un parcours du combattant dont Pierre sortira non pas indemne, non pas grandi, mais, plus simplement et profondément, changé.
Le 09/02/2013 - Mise à jour le 18/09/2013 à 18h07
Nathalie Crom - Telerama n° 3291
ri trompé, stupéfait, médusé, plongé dans un état de sidération initial auquel succèdent des saisons entières de délibérations intérieures. Sur l'amour, le couple en général, le sien en particulier, inexorablement miné par le sentiment d'humiliation, l'incompréhension, le dépit, la jalousie, l'impossible oubli, sapé tout autant par l'acceptation progressive de la trahison. Un parcours du combattant dont Pierre sortira non pas indemne, non pas grandi, mais, plus simplement et profondément, changé.
Le 09/02/2013 - Mise à jour le 18/09/2013 à 18h07
Nathalie Crom - Telerama n° 3291