Et toujours cette simplicité, cette
humilité, cette humanité... Le nouveau voyage que propose Aharon
Appelfeld est une cure thermale dans une ville d'eau désertée, une
retraite au plus près des éléments, dans le silence de la peur. Les
années 1930 resserrent leur étau sur les pensionnaires, observant dans
leurs habitudes des changements aussi infimes qu'inquiétants. Moins
nombreux qu'avant, isolés par une catastrophe fluviale, les Juifs ici
rassemblés veulent continuer de croire aux lendemains qui chantent : « Nous ouvrons des mondes meilleurs, des mondes cachés, nous montrons ce qu'est la liberté. »
Pourtant, tout file, tout disparaît, comme l'eau entre les doigts des
curistes qui ne parviennent plus à se ressourcer. D'une écriture limpide
et miroitante, étonnamment juvénile, Aharon Appelfeld décrit les
échanges des derniers passagers de ce radeau qui s'en remettent au
hasard, tout en sachant que ce n'est plus lui qui gouverne. On boit, on
se chicane, on poétise, dans un élan de solidarité que la prémonition
rend plus intense. Le temps se suspend, l'éternité s'accroche à
l'instant. Aharon Appelfeld dit écrire tous ses livres à la main, pour
qu'il n'y ait aucun écran entre son âme et la littérature, tout comme
son grand-père prenait soin d'ouvrir ses volets avant de prier, pour
qu'il n'y eût aucune barrière entre son âme et Dieu. Cette fusion donne à
son oeuvre une intériorité profonde et permanente, souvent festive,
même au plus noir de l'affliction.
Le 13/04/2013 - Mise à jour le 18/09/2013 à 18h09 Marine Landrot - Telerama n° 3300
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A la fin des années 1930, Rita arrive à la pension Zaltzer, accompagnée
de son fils Yohann. L'endroit est un lieu de rendez-vous estival pour un
groupe de célibataires viennois,
qui viennent y faire la fête. Rita est bientôt rejointe par Zoussi
Rauver puis par Van et par Beno Starck. Alors qu'un orage éclate,
l'auberge est inondée et Beno se noie.
Rita s'enfuie en Palestine.
Description:
Les Eaux tumultueuses
Aharon Appelfeld
Roman
Et toujours cette simplicité, cette humilité, cette humanité... Le nouveau voyage que propose Aharon Appelfeld est une cure thermale dans une ville d'eau désertée, une retraite au plus près des éléments, dans le silence de la peur. Les années 1930 resserrent leur étau sur les pensionnaires, observant dans leurs habitudes des changements aussi infimes qu'inquiétants. Moins nombreux qu'avant, isolés par une catastrophe fluviale, les Juifs ici rassemblés veulent continuer de croire aux lendemains qui chantent : « Nous ouvrons des mondes meilleurs, des mondes cachés, nous montrons ce qu'est la liberté. » Pourtant, tout file, tout disparaît, comme l'eau entre les doigts des curistes qui ne parviennent plus à se ressourcer. D'une écriture limpide et miroitante, étonnamment juvénile, Aharon Appelfeld décrit les échanges des derniers passagers de ce radeau qui s'en remettent au hasard, tout en sachant que ce n'est plus lui qui gouverne. On boit, on se chicane, on poétise, dans un élan de solidarité que la prémonition rend plus intense. Le temps se suspend, l'éternité s'accroche à l'instant. Aharon Appelfeld dit écrire tous ses livres à la main, pour qu'il n'y ait aucun écran entre son âme et la littérature, tout comme son grand-père prenait soin d'ouvrir ses volets avant de prier, pour qu'il n'y eût aucune barrière entre son âme et Dieu. Cette fusion donne à son oeuvre une intériorité profonde et permanente, souvent festive, même au plus noir de l'affliction.
Le 13/04/2013 - Mise à jour le 18/09/2013 à 18h09
Marine Landrot - Telerama n° 3300
qui viennent y faire la fête. Rita est bientôt rejointe par Zoussi Rauver puis par Van et par Beno Starck. Alors qu'un orage éclate, l'auberge est inondée et Beno se noie.
Rita s'enfuie en Palestine.