Des centaines de milliards d’euros : c’est ce qu’ont coûté les plans de sauvetage des banques françaises après le quasi-effondrement du système financier mondial en 2008, pris au piège de ses propres folies spéculatives. Indignation de l’opinion, grandes promesses de régulation : on allait voir ce qu’on allait voir pour recadrer une finance devenue « ennemie ».
Six ans plus tard, où en est-on ? Les banques sont-elles redevenues utiles à l’économie et à la société ? C’est tout le contraire !
Extrait
Extrait de l'introduction
4 500 milliards. 37 % du PIB de la plus grande puissance économique mondiale, l'Union européenne. Imaginez remplir un chèque de 4 500 000 000 000 euros. Un chèque en blanc. Invraisemblable ?
C'est pourtant l'argent que les États européens ont mobilisé à la suite de la crise financière de 2008, pour éviter que le système bancaire ne s'écroule comme un vulgaire château de cartes. Un chèque en blanc aux banques, prises au piège de leurs propres folies spéculatives. Ce plan de sauvetage sans précédent a permis d'empêcher l'effondrement du système financier mondial. Mais la crise bancaire s'est transmise à toute l'économie. La crise de la finance dérégulée est devenue notre crise, nous frappant de plein fouet : crise des dettes publiques, politiques de «rigueur» ou d'austérité, gel des salaires, chute des investissements, licenciements massifs, augmentation du chômage, dégradation des conditions de travail, remise en cause des protections sociales... Tel un virus très toxique, la crise de la finance privée s'est propagée aux finances publiques et à l'économie réelle. Le taux de chômage dans la zone euro a bondi de 7,3 % avant la crise à 11,1 % en 20121. 24 millions d'Européens sont désormais sans emploi - 8 millions de plus qu'avant la crise - et plus de 10 millions d'entre eux sont des chômeurs de longue durée. Aux États-Unis, dans les mois qui ont suivi la faillite de la banque Lehman Brothers, en 2008, 10000 familles par jour étaient expulsées de leur logement. Idem en Espagne les années suivantes. En Grèce, l'un des pays les plus durement touchés, la majorité de la population active est désormais littéralement exclue de la vie économique. Combien de vies détruites ? Combien de ménages sombrant dans l'endettement ? Combien de faillites d'entreprises ? Et surtout, pourquoi ?
Sept ans plus tard, rien n'a changé. Ou si peu. En 2008, alors que les citoyens découvrent l'ampleur du désastre, les responsables politiques multiplient les grandes promesses de régulation : plus jamais ça ! On allait voir ce qu'on allait voir. «Mon administration est tout ce qu'il reste entre vous et les fourches», lançait Barack Obama aux banquiers de Wall Street. La finance devient l'adversaire n° 1 de François Hollande, candidat à l'Élysée. Sept ans après le krach de 2008, la finance a-t-elle été «encadrée» ? Non. Les banques sont-elles redevenues utiles à l'économie et à la société ? Pas vraiment. Et leur impact sur nos sociétés est tout aussi négatif, voire davantage, qu'il y a sept ans. C'est ce que nous montrons dans ce livre. Les banques continuent de spéculer sur les matières premières ou les monnaies, et d'alimenter des bulles spéculatives annonciatrices de nouveaux krachs et de nouvelles récessions. Elles financent des projets très polluants. Elles détournent l'épargne d'utilité sociale tout en profitant abondamment des financements accordés quasi gratuitement par la Banque centrale européenne. Elles développent de nouveaux produits financiers, véritables armes de destruction massive économique et sociale, favorisant toujours plus d'instabilités et de risques. Elles paient toujours moins d'impôts. Et facilitent une évasion fiscale qui ne serait pas possible sans leur complicité : en France, ce vaste détournement entraîne chaque année un manque à gagner pour les finances publiques d'environ 70 milliards d'euros, l'équivalent du montant de l'impôt sur le revenu ! --Ce texte fait référence à l'édition paperback.
Biographie de l'auteur
Attac est une association qui milite pour la justice sociale et environnementale, et conteste radicalement le pouvoir pris par la finance sur les peuples et la nature. Basta ! (www.bastamag.net) est un média indépendant en ligne consacré à l'actualité économique, sociale et aux enjeux écologiques, privilégiant l'investigation et les reportages. --Ce texte fait référence à l'édition paperback.
Description:
Des centaines de milliards d’euros : c’est ce qu’ont coûté les plans de sauvetage des banques françaises après le quasi-effondrement du système financier mondial en 2008, pris au piège de ses propres folies spéculatives. Indignation de l’opinion, grandes promesses de régulation : on allait voir ce qu’on allait voir pour recadrer une finance devenue « ennemie ».
Six ans plus tard, où en est-on ? Les banques sont-elles redevenues utiles à l’économie et à la société ? C’est tout le contraire !
Extrait
Extrait de l'introduction
4 500 milliards.
37 % du PIB de la plus grande puissance économique mondiale, l'Union européenne.
Imaginez remplir un chèque de 4 500 000 000 000 euros. Un chèque en blanc. Invraisemblable ?
C'est pourtant l'argent que les États européens ont mobilisé à la suite de la crise financière de 2008, pour éviter que le système bancaire ne s'écroule comme un vulgaire château de cartes. Un chèque en blanc aux banques, prises au piège de leurs propres folies spéculatives. Ce plan de sauvetage sans précédent a permis d'empêcher l'effondrement du système financier mondial. Mais la crise bancaire s'est transmise à toute l'économie. La crise de la finance dérégulée est devenue notre crise, nous frappant de plein fouet : crise des dettes publiques, politiques de «rigueur» ou d'austérité, gel des salaires, chute des investissements, licenciements massifs, augmentation du chômage, dégradation des conditions de travail, remise en cause des protections sociales... Tel un virus très toxique, la crise de la finance privée s'est propagée aux finances publiques et à l'économie réelle. Le taux de chômage dans la zone euro a bondi de 7,3 % avant la crise à 11,1 % en 20121. 24 millions d'Européens sont désormais sans emploi - 8 millions de plus qu'avant la crise - et plus de 10 millions d'entre eux sont des chômeurs de longue durée. Aux États-Unis, dans les mois qui ont suivi la faillite de la banque Lehman Brothers, en 2008, 10000 familles par jour étaient expulsées de leur logement. Idem en Espagne les années suivantes. En Grèce, l'un des pays les plus durement touchés, la majorité de la population active est désormais littéralement exclue de la vie économique. Combien de vies détruites ? Combien de ménages sombrant dans l'endettement ? Combien de faillites d'entreprises ? Et surtout, pourquoi ?
Sept ans plus tard, rien n'a changé. Ou si peu. En 2008, alors que les citoyens découvrent l'ampleur du désastre, les responsables politiques multiplient les grandes promesses de régulation : plus jamais ça ! On allait voir ce qu'on allait voir. «Mon administration est tout ce qu'il reste entre vous et les fourches», lançait Barack Obama aux banquiers de Wall Street. La finance devient l'adversaire n° 1 de François Hollande, candidat à l'Élysée. Sept ans après le krach de 2008, la finance a-t-elle été «encadrée» ? Non. Les banques sont-elles redevenues utiles à l'économie et à la société ? Pas vraiment. Et leur impact sur nos sociétés est tout aussi négatif, voire davantage, qu'il y a sept ans.
C'est ce que nous montrons dans ce livre. Les banques continuent de spéculer sur les matières premières ou les monnaies, et d'alimenter des bulles spéculatives annonciatrices de nouveaux krachs et de nouvelles récessions. Elles financent des projets très polluants. Elles détournent l'épargne d'utilité sociale tout en profitant abondamment des financements accordés quasi gratuitement par la Banque centrale européenne. Elles développent de nouveaux produits financiers, véritables armes de destruction massive économique et sociale, favorisant toujours plus d'instabilités et de risques. Elles paient toujours moins d'impôts. Et facilitent une évasion fiscale qui ne serait pas possible sans leur complicité : en France, ce vaste détournement entraîne chaque année un manque à gagner pour les finances publiques d'environ 70 milliards d'euros, l'équivalent du montant de l'impôt sur le revenu ! --Ce texte fait référence à l'édition paperback.
Biographie de l'auteur
Attac est une association qui milite pour la justice sociale et environnementale, et conteste radicalement le pouvoir pris par la finance sur les peuples et la nature. Basta ! (www.bastamag.net) est un média indépendant en ligne consacré à l'actualité économique, sociale et aux enjeux écologiques, privilégiant l'investigation et les reportages. --Ce texte fait référence à l'édition paperback.