Dans L'Équinoxe de septembre (septembre 1938), Montherlant attaque violemment la tentation défaitiste et la lâcheté des chefs de gouvernement.
Après les accords de Munich, le 29 septembre 1938, un des journaux français ayant demandé une minute de silence, Montherlant s'indigne : « Chaque jour, avec une savante technique de la bassesse, on s'efforce de donner à la France une âme et une morale de midinette », « Ce n'est pas de minutes de silence que nous avons besoin, c'est d'avions, Monsieur Daladier ». La publication de L'Équinoxe de septembre sera interdite par l'occupant nazi pendant trois semaines en 1941.
Réformé pour blessures de guerre après 1918, il assiste aux combats de la Somme et de l'Oise comme correspondant de guerre pour l'hebdomadaire Marianne: Le Solstice de juin est ainsi consacré à la bataille de France de mai-juin 1940.
Dans cet essai, il rappelle les paroles de six écrivains qui ont soutenu sa fermeté dans ces heures douloureuses où la vie des soldats était presque chaque jour en jeu. Il défend aussi en certaine mesure l'occupation allemande - d'abord par le principe d'une amitié « chevaleresque » entre vainqueur et vaincu, ce qui l'engage à réclamer la création d'un « organisme qui ait pouvoir discrétionnaire pour arrêter tout ce qu'il juge devoir nuire à la qualité humaine française. Une sorte d'inquisition au nom de la qualité humaine française » (Le Solstice de juin, p. 270).
Il voit ainsi en la victoire allemande le symbole de l'éternel recommencement : « La victoire de la Roue solaire n'est pas seulement victoire du Soleil, victoire de la paiennie. Elle est victoire du principe solaire qui est que tout tourne... Je vois triompher en ce jour le principe dont je suis imbu, que j'ai chanté, qu'avec une conscience entière je sens gouverner ma vie. » (Le Solstice de juin).
Ces paroles lui vaudront la réputation de collaborateur et des ennuis passagers à la Libération. Le 9 septembre 1944, un manifeste des écrivains français de gauche demande le « juste châtiment des imposteurs et des traîtres ». Montherlant est explicitement nommé.
Cependant, de nombreux éléments montrent que Montherlant n'était pas un collaborateur : dès 1940, il a refusé de participer à la rédaction de La Gerbe, dont le fondateur Alphonse de Châteaubriant est le président du groupe Collaboration ; Montherlant refuse aussi de se rendre à Weimar, à l'invitation des Allemands, avec beaucoup d'autres écrivains français comme Robert Brasillach, Marcel Jouhandeau ou Abel Bonnard ; enfin il refuse de publier dans les journaux ou revues collaborationnistes. Cependant, il a été affirmé qu'il adhéra au gouvernement du maréchal Pétain d'un point de vue moral et spirituel. D'autres sources soutiennent qu'il aurait collaboré à plusieurs périodiques collaborationnistes tels que la Nouvelle Revue Française de Pierre Drieu La Rochelle, Je suis partout, Deutschland Frankreich et La Gerbe. Enfin, il a félicité Lucien Rebatet pour le succès de son livre Les Décombres.
Des résistants auraient reproché à Montherlant de s'être dérobé à certaines responsabilités. Montherlant répond qu'il ignorait tout de la Résistance. Léon Pierre-Quint, membre du Comité national des écrivains résumera en octobre 1945 le dossier Montherlant : « La seule accusation qui pourrait être reconnue contre lui, ce n'est pas d'avoir pris un mauvais parti, c'est de n'avoir pas pris de parti du tout ; il s'agirait de savoir si un écrivain a le droit, pendant l'occupation de son pays, de rester indépendant et de vouloir garder sa liberté d'esprit, — s'il est autorisé, alors que deux camps se disputent le monde, à se tenir à l'écart ».
Description:
Dans L'Équinoxe de septembre (septembre 1938), Montherlant attaque violemment la tentation défaitiste et la lâcheté des chefs de gouvernement.
Après les accords de Munich, le 29 septembre 1938, un des journaux français ayant demandé une minute de silence, Montherlant s'indigne : « Chaque jour, avec une savante technique de la bassesse, on s'efforce de donner à la France une âme et une morale de midinette », « Ce n'est pas de minutes de silence que nous avons besoin, c'est d'avions, Monsieur Daladier ». La publication de L'Équinoxe de septembre sera interdite par l'occupant nazi pendant trois semaines en 1941.
Réformé pour blessures de guerre après 1918, il assiste aux combats de la Somme et de l'Oise comme correspondant de guerre pour l'hebdomadaire Marianne: Le Solstice de juin est ainsi consacré à la bataille de France de mai-juin 1940.
Dans cet essai, il rappelle les paroles de six écrivains qui ont soutenu sa fermeté dans ces heures douloureuses où la vie des soldats était presque chaque jour en jeu. Il défend aussi en certaine mesure l'occupation allemande - d'abord par le principe d'une amitié « chevaleresque » entre vainqueur et vaincu, ce qui l'engage à réclamer la création d'un « organisme qui ait pouvoir discrétionnaire pour arrêter tout ce qu'il juge devoir nuire à la qualité humaine française. Une sorte d'inquisition au nom de la qualité humaine française » (Le Solstice de juin, p. 270).
Il voit ainsi en la victoire allemande le symbole de l'éternel recommencement : « La victoire de la Roue solaire n'est pas seulement victoire du Soleil, victoire de la paiennie. Elle est victoire du principe solaire qui est que tout tourne... Je vois triompher en ce jour le principe dont je suis imbu, que j'ai chanté, qu'avec une conscience entière je sens gouverner ma vie. » (Le Solstice de juin).
Ces paroles lui vaudront la réputation de collaborateur et des ennuis passagers à la Libération. Le 9 septembre 1944, un manifeste des écrivains français de gauche demande le « juste châtiment des imposteurs et des traîtres ». Montherlant est explicitement nommé.
Cependant, de nombreux éléments montrent que Montherlant n'était pas un collaborateur : dès 1940, il a refusé de participer à la rédaction de La Gerbe, dont le fondateur Alphonse de Châteaubriant est le président du groupe Collaboration ; Montherlant refuse aussi de se rendre à Weimar, à l'invitation des Allemands, avec beaucoup d'autres écrivains français comme Robert Brasillach, Marcel Jouhandeau ou Abel Bonnard ; enfin il refuse de publier dans les journaux ou revues collaborationnistes. Cependant, il a été affirmé qu'il adhéra au gouvernement du maréchal Pétain d'un point de vue moral et spirituel. D'autres sources soutiennent qu'il aurait collaboré à plusieurs périodiques collaborationnistes tels que la Nouvelle Revue Française de Pierre Drieu La Rochelle, Je suis partout, Deutschland Frankreich et La Gerbe. Enfin, il a félicité Lucien Rebatet pour le succès de son livre Les Décombres.
Des résistants auraient reproché à Montherlant de s'être dérobé à certaines responsabilités. Montherlant répond qu'il ignorait tout de la Résistance. Léon Pierre-Quint, membre du Comité national des écrivains résumera en octobre 1945 le dossier Montherlant : « La seule accusation qui pourrait être reconnue contre lui, ce n'est pas d'avoir pris un mauvais parti, c'est de n'avoir pas pris de parti du tout ; il s'agirait de savoir si un écrivain a le droit, pendant l'occupation de son pays, de rester indépendant et de vouloir garder sa liberté d'esprit, — s'il est autorisé, alors que deux camps se disputent le monde, à se tenir à l'écart ».