Jouer juste

François Bégaudeau

Language: French

Publisher: Gallimard

Published: Jan 3, 2008

Catégorie de lecture: Ebook
On Kobo:
Nb de pages: 58
KOReader MD5: 4317411042c30f3ddcf5fc8b57b18cbb

Description:

Nous sommes en pleine finale d’une Coupe d’Europe de football. A la fin de la deuxième mi-temps plus exactement, juste avant les prolongations, à ce moment précis où l’un des deux entraîneurs - et narrateur omniscient de ce premier roman - livre d’ultimes conseils à ses joueurs et les exhorte à “jouer juste”. Et, bien sûr, il est question de tactique, ou plutôt d’une philosophie du jeu qui, tout en collant à la situation du match en cours, décolle légèrement de la réalité pour devenir une sorte de traité de chorégraphie sportive. Mais entre franc-parler et digressions métaphysiques, ce discours magistral déborde de son sujet pour devenir littéralement borderline. D’autant que vient bientôt s’immiscer à l’intérieur de cette voix le récit d’un amour passé avec une certaine Julie.
Dès lors, les conseils de l’entraîneur ne cesseront plus d’entretenir de curieux échos avec l’histoire de la fin annoncée d’une passion amoureuse. Imperceptiblement, à mesure que les deux pôles de ce flux verbal convergent, tout se met à faire double sens sur les terrains mitoyens de la vie à deux (en couple) ou à onze (en équipe). Et ce jeu métaphorique n’a pas besoin d’être appuyé, ni souligné, il joue tout seul à la lecture. D’autant que ce logicien du ballon rond, applique à sa relation avec Julie des règles tout aussi drastiques, un sang-froid tactique et des interdits contraignants qui délimitent un terrain et une discipline au risque de tarir toute sentimentalité à sa source. (...)
Dans ce premier roman atypique, François Bégaudeau a su habiter une parole à la fois artificieuse et fébrile, sophistique et compulsive, badine et hallucinée. La seule dynamique du discours parvient à entraîner le lecteur au sein d’un système de pensée torve, dont les à-côtés comiques redouble le vertige mental. Et si ce roman d’une seule voix semble par principe devoir échapper aux faux-semblants du lyrisme, la froideur ici à l’œuvre ne saurait dissimuler, en creux, les failles sensibles et les aveugleme